Trois commencements

Trois commencements

Nous sommes au paradis. L’histoire est accomplie. Nous pouvons tout comprendre de nos existences. Toutes nos parts sont rachetées. On n’est plus propriétaire de rien. On est sorti du jeu.

Un premier lieu. La mer. Elle explose en parcelles d’argent. Une ligne sombre soutient, dans le lointain, une île aux arbres rabougris. Mr Li connaît cette lumière. C’est celle qui l’entoure, enfant, quand il creuse le sable. Combien de temps depuis ? Un temps éclipse. Une absence. Un éclair dans un ciel d’azur.

Les choses changent. Des images géantes recouvrent les murs de la ville. Un bruit continu monte du sol. Les femmes et les hommes qui traversent les rues ont des regards absents, rivés au sol.

Mr Li regarde le monde. Amoureusement. Caressant la peau de son visage. Les rochers, les morceaux d’îles qui parsèment la mer flottent dans son regard. Un nom, un souvenir, une promesse parfois. Un serment jamais dénoué. Les choses du passé et du futur se mélangent. Un flot emporte tout. Mr Li dérive à grande vitesse sur les flots de l’histoire. Il ignore tout de la nostalgie. Mr Li voit les bateaux entrer et sortir de la rade. Remplis de marchandises. La pénombre se pose lentement sur la mer. Tout brille. Une bonté parfaite.

Au-dessus du bureau, loin de la lumière, une toile recouverte de noir est suspendue au mur. Une réalité ultime. Mr Li détaille chaque parcelle du noir, les stries plus sombres encore qui raturent l’espace. Les traces lumineuses qui partent vers le vide.

La femme qui partage sa vie en haut des buildings lui demande : « Li, quel est ton rêve ? »

Et Mr Li répond en désignant la toile recouverte de noir au-dessus de son bureau.

Les bateaux de Mr Li traversent le monde. Ils se croisent au carrefour des détroits maritimes, transportant des objets d’un continent à l’autre. Du gingembre, des machines, des jouets…

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